La motivation pour venir pratiquer…

Quand j’ai commencé à pratiquer, je n’avais pas d’attentes très précises. Des lectures m’avait conduit à vouloir expérimenter la méditation zen, et, sans que je comprenne bien pourquoi, ça m’a vite plu.

Je n’avais pas (peu de gens le croient) de désirs de calmer ou de renforcer mon esprit, de détendre mon corps ou de lutter contre je-ne-sais quel démon intérieur.

Mais cela à vite changé. Des  désirs anciens, des conceptions personnelles, des comportements « habituels » chez moi ont envahi l’espace de la méditation. À une époque, à chaque fois que je me rendais au dojo, un objectif me traversait l’esprit. Il était à chaque fois différent, et à chaque fois je l’oubliais en peu de temps.  Au début, j’étais complètement dans ces objectifs, et j’étais d’ailleurs très sûr de pouvoir y parvenir.

Ensuite, j’ai commencé à prendre conscience du processus. J’ai pu voir mon esprit fabriquer des idées, des règles, concevoir tout un petit monde dans lequel il me serait possible d’accomplir des désirs égoïstes ou de me protéger de souffrancesintérieures. Ce processus m’éclaire en profondeur sur ce qui me constitue, et, je n’en doute pas, sur ces souffrances et sur ce désir d’entraide qui me relie aux autres.

La méditation zen change des choses, c’est indéniable. Un pratique régulière, pas forcément intensive, donne une espèce d’habitude à l’esprit, un espace disponible pour que le mental puisse, à l’occasion, se retourner, s’observer lui-même. La façon dont il va le faire, ce qui va sortir de cette confrontation, j’aimerais souvent pouvoir le contrôler et pourtant cela m’échappera en permanence.

Ce n’est pas grave, ça m’est égal. En fait, ça ne m’intéresse plus beaucoup de comprendre pourquoi je pratique zazen. Mais j’ai beau y réfléchir, je ne vois aucune raison d’arrêter !

PAPI alias Paul


» Revenir à la lettre à un futur pratiquant.

» Lire aussi un extrait d’une conférence de Maitre Deshimaru à Zinal (Suisse) en 1972