À propos de Ryokan

Chers amis,

Avec le lien « Laisser le hasard choisir » vous pourrez voir apparaitre des poèmes de Ryokan[1] (Moine Zen ,poète et calligraphe, 1758-1831).

Ma fille de douze ans qui lisait cet après-midi deux recueils[2] de poèmes de lui, m’a livré cette réflexion :

Il suffit d’un rien pour être heureux. Dans ses poèmes, Ryokan exprime la beauté des choses simples. Il voit le coté positif de certaines choses, alors qu’il pourrait se mettre en colère dessus.

La pluie qui tombe évoque en lui la tristesse, un oiseau chante et ça le rend heureux. Il profite pleinement de chaque instant, il reconnait la beauté à son juste prix.

Ce qu’il écrit est juste.

Au lieu de la pluie, vous remplacez par « mon mari est parti », « ma femme m’a trahi », « je suis au chômage », « je vais mourir », « personne ne m’aime »,  « je suis trop nul », « j’ai cassé ma voiture », « mes parents vieillissent », « je n’ai que mon chien dans la vie »… Et que sais-je encore d’autre comme réel vécu déprimant de la vie d’aujourd’hui, suscitant colère, tristesse et désespoir mêlés, où la lutte est toujours présente et d’issue incertaine ; et finalement nous précipite dans la dualité l’opposition, la séparation, bref la souffrance.

Ryokan, de par son observation de la nature quitte facilement ses sentiments précités, sans les renier, pour leur préférer le spectacle de l’immuable du vivant de l’éternellement beau.

La nature est souvent invisible à celui obsédé de son mental. Ryokan ne cesse de nous rappeler, au travers de ses allégories, que notre nature profonde, celle qu’on nomme nature de Bouddha, ressemble à cette nature observée.

Quand pourrons-nous l’avoir ? Prendre la décision d’emprunter la voie longue et passionnante qui amène à en prendre conscience, voie cependant parsemée d’embuches, afin de nous délivrer de ces souffrances.

Comme Ryokan qui transmet l’héritage du Bouddha, notre regard peut changer, qui ouvre à d’autres perspectives, qui permet de vivre autrement qu’en souffrant….

Simplement s’assoir !

Florence



[1] Eizo Ryokan(1758-1831). Moine Zen, poète et calligraphe. Il y a quelques années, dans le cadre d’une manifestation « Poèmes- affiches dans le métro », organisé par Francis Combes et Gérard Cartier, entre 1993 et 2008,  le métro a été décoré de poèmes que l’on changeait de temps en temps. Ce poème de Ryokân fit partie de la série :

« le voleur m’a tout pris

sauf la lune

à ma fenêtre »

Puis on demanda par sondage aux voyageurs du métro quel poème ils avaient préféré. La réponse fut : « Ryokân ».

[2] Pays natal, recueil de l’ermitage au toit de chaume  et Le moine fou est de retour, éd. Moundarren.