Quelle est donc cette douleur?

Quelle est donc cette douleur?

Fils de pécheur, Gensha Shibi (Hsuan sha Shih-pêi) naquit en 835 dans le Fu-Kien et devint tout naturellement pécheur. Jour après jour, son père et lui ramenaient du poisson sur la petite barque familiale, le long de la rivière Nanda. Mais le désir de devenir moine devenait impérieux. Aussi, le jour où son père tomba à l’eau, il le laissa couler sans lui venir en aide et se précipita dans un monastère pour y suivre la Voie. Il avait trente ans et, rapportent les antiques annales, était analphabète au point de ne pouvoir déchiffrer les quatre idéogrammes figurés sur les pièces de monnaie. 

Il suivit d’abord un maître ch’an, Ling-hsun, fut ordonné moine par un maître Vinaya (petit véhicule) et se livra plusieurs années à une ascèse sans concession dans les montagnes. C’est par hasard, en rendant visite à Ling-hsun qu’il rencontra celui qui serait son maître, Seppo Gison. Il le rejoignit à 37 ans pour l’aider à construire son monastère, sur le mont Hsueh feng. La réputation de rigueur et de concentration de Seppo se répandait rapidement dans la chine des Tang et le monastère, d’abord amas de huttes de branchages, accueillit rapidement 1500 disciples. Parmi eux, les plus déterminés étaient Gensha et Unmon, son condisciple.

Quelques temps plus tard, Gensha se mit en tête d’aller faire la traditionnelle tournée des maîtres pour approfondir sa pratique. Comme il prenait la route, armé de son baluchon, son pied heurta violemment un caillou et se mit à saigner. Gensha parvint à la soudaine réalisation, nous dit Dôgen. Il s’écria:

« Puisque ce corps n’existe pas, quelle est donc cette douleur? »

Derechef il fit demi-tout et rentra au monastère. Seppo, l’apercevant, s’étonna:

« Quelle espèce de moine es-tu donc, Shibi?

A quoi Gensha répondit:

– Plus jamais je ne me laisserai abuser!1

Seppo, très satisfait de la réponse, enchaîna:

– Chacun est capable de prononcer de tels propos, mais qui peut les dire? Et il ajouta: Shibi, pourquoi ne repars-tu pas en pèlerinage?

Alors Gensha répliqua:

– Boddhidharma n’est pas parti à l’Est; le deuxième patriarche ne s’est pas rendu à l’ouest. »

Mousse au chocolat

Mousse au chocolat:

ingrédients pour 4 personnes:
– 400g de tofu soyeux
– 100g de chocolat noir à pâtisser
– 1 verre de lait de riz
Faire fondre le chocolat avec le lait de riz.
Mixer le tofu soyeux avec le chocolat fondu dans un blender au moins 3 minutes.
Placez au frais au moins une nuit.

poeme Ryokan ‘déchirée’

Déchirée et en lambeaux, déchirée et en lambeaux déchirée et en lambeaux est cette vie.
La nourriture ? Je la mendie sur ma route.
Les arbustes et les buissons ont depuis longtemps envahi ma hutte.
Souvent la lune et moi, nous nous asseyons ensemble toute la nuit, et plus d’une fois, je me perds parmi les fleurs sauvages, oubliant de rentrer chez moi.
Ne vous demandez pas pourquoi j’ai quitté la vie en communauté : comment un moine aussi fou pourrait-il vivre dans un temple ?

Ryokan

poeme Ryokan ‘dans le calme’

Dans le calme, près de la fenêtre vide
Je m’assois correctement pour la méditation, portant ma robe de moine.
Le nombril et le nez alignés,
les oreilles parallèles aux épaules.
La clarté de la lune envahit la pièce ;
La pluie s’arrête mais l’avant-toit continue à goutter.
Parfait est cet instant –
Dans l’immense vide, ma compréhension s’approfondit.

Ryokan

poeme Ryokan ‘la nuit’

La nuit, au cœur des montagnes
Je m’assois pour méditer.
Les affaires des hommes jamais ne m’atteignent ici :
Tout est calme et vide,
La nuit sans fin a avalé tout l’encens.
Ma robe est devenue un habit de rosée.
Ne pouvant dormir, Je marche dans les bois –
Soudain, au-dessus du pic le plus haut, la pleine lune apparaît.

Ryokan